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Rétrospective

Arrivé mineur en France en 2007, Blaise est pris en charge par le Conseil Général d’Ille et Vilaine. Il est scolarisé au lycée VH Basch.

Lors d’une sortie scolaire, il est contrôlé, arrêté et placé au centre de rétention de Rennes après avoir subi des tests osseux. Cette arrestation déclenche une indignation collective légitime et une large mobilisation soutenue, à l’époque, par de nombreux élus PS… Face à cette mobilisation largement relayée par les médias, Blaise est régularisé en 2008  » à titre exceptionnel et humanitaire « . Il bénéficie alors de récépissés renouvelés tous les 3 mois jusqu’en mai 2013, puis la préfecture 35 exige un passeport pour le renouvellement. Blaise se retrouve à nouveau sans-papiers, mais il continue malgré tout son travail comme maçon en CDI dans la même entreprise depuis 5 ans.

Seconde arrestation en 2015

En février 2015, la PAF se présente à son domicile. 7 ans plus tard, le cauchemar recommence… Il est arrêté pour la seconde fois et enfermé au centre de rétention avec une nouvelle OQTF. Examinée dans l’urgence, l’OQTF est confirmée par le TA de Rennes, mais Blaise est libéré par le JLD. Le jeune Angolais est libre, mais il se retrouve à nouveau placé dans l’illégalité par la même administration qui a promis de le régulariser en 2008. Il est privé de tous ses droits, sans travail et sans papiers, contraint de vivre dans la plus grande précarité après 8 années de présence en France.
Dès sa libération, un rendez-vous est pris avec la préfecture 35 pour déposer une nouvelle demande de régularisation. Blaise est convoqué le lundi 27 avril 2015. Il se présente au guichet avec les preuves de sa prise en charge par le CG35 pendant 4 ans, les diplômes obtenus, son contrat de travail, tous ses bulletins de salaire obtenus pendant 5 années en CDI, de nombreuses attestations de soutien produites par son entourage…mais pas de document d’état civil. La préfecture 35 refuse d’étudier son dossier.

Blaise n’aura jamais de passeport

Quand Blaise est arrivé en France, les seuls documents d’identité qu’il possédait ont été gardés par la PAF et jamais restitués. Il n’a plus aujourd’hui aucun acte d’état civil de son pays d’origine prouvant son identité. Blaise a tout tenté pour obtenir des documents angolais et gaspillé beaucoup d’argent…Le MRAP 35 est intervenu à maintes reprises auprès du Préfet pour apporter les preuves de toutes les démarches infructueuses auprès de l’ambassade d’Angola. Dans un courrier du 30 juin 2015, le secrétaire général se dit « prêt à exonérer Monsieur M. de produire un acte d’état civil ou un passeport, pour autant qu’il fournisse a minima un document attestant de manière certaine son identité en liaison avec son consulat ». Mais Blaise n’a toujours aucun document à produire…

Les dernières démarches

Né d’un père congolais et d’une mère angolaise, Blaise décide de demander la nationalité congolaise. Il obtient un certificat de nationalité congolaise et un acte de naissance. Un nouveau rendez-vous est pris à la préfecture 35. Blaise est convoqué le 18 novembre. Il est reçu par la chef de bureau et son supérieur hiérarchique. Les nouveaux documents congolais sont confisqués pour expertiser leur authenticité. Aucun doute sur la réponse, ils seront déclarés faux !
Blaise est désespéré. Il n’a plus aucun moyen de subsistance. Après 8 années de présence en France, 4 années de prises en charge par le Conseil Général d’Ille et Vilaine et 5 années de travail en CDI, refuser à Blaise une régularisation promise en 2008 est un véritable gâchis humain, financier et institutionnel. Comment sortir de cette situation inextricable qui condamne Blaise à la clandestinité ?

Carole (MRAP , RESF), une histoire qui n’a rien d’extraordinaire


Pour nous : L’administration préfectorale doit sortir de l’imbroglio qu’elle a créé. Elle doit agir avec humanité et régulariser la situation de Blaise sans mettre constamment sur sa route des obstacles infranchissables.

( Le prénom employé a été modifié et ne correspond pas à celui de la personne )