GRANDIR DANS LA JUNGLE DE CALAIS

Extraits d’un article paru dans Télérama n°3451 du 02/03/2016 pg.37 …

A Calais, si des bénévoles se démènent, l’État manque à son devoir de protection des mineurs.
Des proies faciles pour les réseaux criminels.

Par Juliette Bénabent. Photo Sarah Alcalay pour Télérama

… « A Calais, près de 3500 migrants ont été recensés début février. Parmi eux, 445 mineurs, dont plus de 300 isolés. C’est leur sort qu’est venue observer Geneviève Avenard (Défenseure des Enfants), lundi 22 février, afin d’évaluer leurs conditions de vie, vérifier que l’État garantit leur accès aux droits et assure leur protection après l’évacuation décidée par la Préfète du Pas-de-Calais.
On est loin du compte. Il n’y a sur la lande aucun dispositif scolaire légal et aucun enfant n’est scolarisé en ville. »…

… « Des centaines d’enfants sans école, sans accès convenable aux soins, sans référents formés pour s’occuper d’eux : l’État Français manque à son devoir de protection des plus vulnérables. Jusque dans la structure qu’il administre le CAP (centre d’accueil provisoire) : Les quelques quarante mineurs isolés qui y vivent « ne bénéficient pas d’une prise en charge spécifique et sécurisée », note Geneviève Avenard. Pas plus que les quelques dizaines de jeunes, également seuls, qui ont été orientés vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO) dispatchés sur le territoire français pour désengorger Calais.« ces mineurs isolés sont en danger » insiste la défenseure, qui réclame l’ouverture immédiate, in situ, d’un lieu spécifiquement voué à leur protection. Elle exige aussi des services de l’État qu’ils facilitent la demande de regroupement familial pour ceux (estimés environ à quatre-vingt-dix) qui ont de la famille en Grande-Bretagne « si ces jeunes se volatilisent, ils deviendront une proie facile pour les réseaux criminels » prévient-elle. Selon les autorités, près d’un quart des mineurs isolés de la lande a moins de 15 ans. Le plus jeune serait âgé seulement de 7 ans »…