« …J’ai honte d’être européen… »

« …j’ai honte d’être européen, quand on voit le sort qui est fait aux migrants… »

Extrait d’un entretien de Leoluca Orlando Maire de Palerme
Propos recueillis par Amaury Hauchard (envoyé spécial à Palerme,)
LE MONDE du 11.10.2016 à 12h24

Ci-après, vous trouverez le lien pour le lire sur internet.

Morceaux choisis:
bateau-immigrants-au-large-de-sicile-14-04-15-…et c’est pour ça qu’il faudrait abolir le permis de séjour. Ce permis de séjour est la peine de mort de notre temps, c’est une nouvelle forme d’esclavage pour les gens qui arrivent .
-…Je suis convaincu que la mobilité internationale est un droit humain. Une personne ne peut pas mourir car un pays refuse de l’accueillir.
-…Nous n’avons pas d’autre alternative que d’accueillir les migrants. Les gens qui me disent « Vous êtes fou ! », je leur réponds : « Non, je ne suis pas fou, je pense au futur ! »
-…L’accueil est la plus puissante arme pour la sécurité.
-…Nous sommes dans une dimension utilitariste de ces gens, il faut que la politique européenne comprenne que cet utilitarisme est en contradiction totale avec le respect des droits humains.
-…Aujourd’hui, je dis que j’ai honte d’être européen, quand on voit le sort qui est fait aux migrants. Je suis européen mais, dans les valeurs migratoires, je suis surtout palermitain. Nous sommes responsables d’un génocide en mer Méditerranée. Nos petits-fils nous diront qu’on a tué des milliers de personnes. Et nous ne pourrons pas dire que l’on ne savait pas.
-…C’est parce que je suis fier d’être européen que je me permets de mal parler de l’Europe quand elle fait des erreurs
-… Une Europe des droits ne peut pas exister sans la France, il faut que la France change de position sur les migrants
-…Nous vivons dans un temps qu’on appelle la globalisation, avec une mobilité financière, une mobilité industrielle, une mobilité économique… Mais comment peut-on penser pouvoir vivre dans un monde qu’on dit globalisé sans une mobilité des êtres humains ? Les migrants ont donné un visage à la globalisation, parfois tristes, parfois heureux, mais ils ont donné un visage. Avant, la globalisation était égoïste, financière. Aujourd’hui, il faut remercier les migrants pour avoir donné un visage à cette globalisation.

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