Presse Régionale

OUEST-FRANCE

Le 24 Juin 2018

OUEST-FRANCE

le 1 mars 2018

Héberger des migrants « un acte de résistance »

À Ouistreham (Calvados), chaque soir, une centaine de migrants guettent le ferry pour l’Angleterre. Des riverains ont décidé de les héberger. Un couple témoigne anonymement.
« Fin novembre, mon épouse et moi-même avons décidé d’apporter notre soutien aux migrants d’Ouistreham, via un collectif d’aide local. Un peu comme un acte de résistance et d’humanité. Comme nous disposons d’une grande maison à moins de 10 km du petit bois où dorment ces jeunes, des Soudanais pour la plupart, nous avons décidé de les héberger le temps d’une nuit. Nous avons démarré timidement, en proposant un accueil une fois par semaine… Maintenant, avec les températures, c’est tous les soirs. »

« Ensemble on rit »

« Chaque fin d’après-midi, je me rends aux points de distribution de nourriture, et nous voyons avec les autres bénévoles quels sont les jeunes qui ont le plus besoin d’un hébergement, souvent les plus épuisés. C’est assez dur de choisir ainsi… Nous avons choisi de recevoir au moins deux migrants chaque nuit. Ils se sentent moins seuls, moins déboussolés. Généralement, on discute en anglais. La barrière de la langue conditionne les échanges. Mais à chaque fois, nous sommes très émus : ils n’ont pas plus de 25 ans, ce sont des gamins qui font preuve d’un courage exemplaire. Et ils sont absolument adorables : ils aident à faire la vaisselle, ils débarrassent la table… Parfois, on peut jouer à un jeu de société. Ensemble, on rit. Ce sont aussi des rencontres qui bouleversent et remettent en place l’échelle des valeurs.
Dernièrement, grâce au wifi de la maison, un jeune a pu appeler sa maman au fin fond du Soudan… Le
matin, quand je les ramène à Ouistreham, ils remercient le cœur sur la main. On leur a offert une pause : ils ont pu prendre une douche, dormir, casser une croûte, et poser tous leurs problèmes le temps d’une nuit au chaud. Pour certains, cela ne leur était pas arrivé depuis six mois.
Quand on a appris l’ouverture du gymnase de Colleville-Montgomery, on a pensé que tout le monde serait à l’abri… Mais en fait, peu en ont profité. Par crainte d’être pris au piège. Ces jeunes ne veulent surtout pas rater un départ de ferry, l’occasion de passer en Angleterre : ils se sentent si proches du but.»

Propos recueillis pour Ouest-France par Nathalie LECORNU-BAERT.

Compte tenu des températures, le maire de Colleville-Montgomery (Calvados) a ouvert lundi 26 février un gymnase (ce qu’a refusé son homologue d’Ouistreham). De même, la salle paroissiale d’Ouistreham a été mise à disposition des migrants pour la nuit. Environ 150 migrants stationnent dans la commune portuaire.

OUEST-FRANCE

le 4 juin 2017

UTOPIA 56, Les Bretons solidaires des migrants


OUEST-FRANCE

le 22 avril 2017

Plus de mille migrants morts en Méditerranée

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 1 073 morts ou disparus ont été recensés au total en Méditerranée centrale (photo) , et ce, depuis le début de l’année 2017. L’an dernier à la même période, 853 personnes avaient trouvé la mort ou avaient été portées disparues en tentant la traversée. Par ailleurs, toujours depuis le début de l’année, quelque 36 700 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes ,après avoir été secourues en mer.

OUEST-FRANCE

le 15 avril 2017

MIGRANTS PROMESSES NON TENUES DES EUROPÉENS

Lire l’article de Christelle GUIBERT

OUEST-FRANCE

le 14 mars 2017

Luis, le jeune Angolais oublié par son pays

Texte : Cyrille PITOIS. Photo : Thomas BRÉGARDIS

Luis Benvindo Eduardo est né en Angola. Arrivé en France à l’âge de 14 ans, il a aujourd’hui 20 ans et aurait bien aimé voter pour l’élection présidentielle et les législatives qui vont suivre. Mais sa procédure de naturalisation risque de ne pas être bouclée à temps pour glisser un bulletin dans l’urne cette année.

Le jeune homme a quitté son pays seul II a réussi à se former au métier de chaudronnier, s’est fait des amis à Rennes, passe son permis de conduire et ne boude pas le bonheur d’être retombé sur ses pieds après un début de parcours difficile.
II se souvient de ses premiers pas sur le sol français. Le difficile apprentissage de la langue. L’interminable attente de réponse à la demande d’asile. Sans papiers, pas moyen de suivre une formation. « La préfecture a fait une demande à mon pays. Comme mon père était membre d’un parti politique, il a été répondu que j’étais inconnu. Mon propre pays m’a oublié ! En me reconnaissant comme un immigrant, la France m’a dit : Tu es notre enfant.  »
Pour exprimer sa gratitude, Luis est prêt à s’investir comme citoyen à part entière. Par exemple en allant voter « pour des hommes politiques prêts à s’occuper de la jeunesse ». – C’est l’avenir du pays, martèle Luis, dans un français dont il maitrise aujourd’hui toutes les nuances. Bien sûr, les jeunes ne savent pas toujours saisir leur chance ou font parfois n’importe quoi par rapport à la drogue ou à la délinquance. Mais la première cause des dérapages, c’est l’absence de formation, l’absence de travail, le manque d’argent. »

Luis n’a laissé passer aucune opportunité. Après une mise à niveau en français, il décroche un CAP de serrurier métallier. À 17 ans, il aurait pu chercher du travail, mais il comprend l’intérêt de poursuivre en bac pro. Sauf qu’il n’y a pas de place pour lui dans les centres de formation.
« J’ai cherché des employeurs. mais les postes à prendre étaient pour la plupart à l’extérieur de Rennes, avec une embauche à 7 h du matin, voire 4 h. » Sans permis de conduire, difficile d’épouser ces horaires matinaux.
II peut finalement se glisser dans une filière bac pro et obtient quelques subsides pour vivre, grâce à une aide financière accordée aux jeunes majeurs. Une assistante sociale l’oriente vers la mission locale de Rennes. Il rejoint le dispositif – Garantie jeunes », généralisé sous le quinquennat Hollande pour accompagner les jeunes en difficulté d’insertion.

« Vous êtes des frères pour nous ! »

Luis Bénéficie d’une allocation mensuelle de 460 € et. surtout. des conseils et encouragements d’un conseiller qui le remotive et affine avec lui son projet professionnel. « J’ai tout appris : la rédaction d’une lettre de motivation et d’un CV, la gestion de mon budget. J’ai aussi appris à appeler et à parler avec un employeur potentiel. » Un suivi qui permet à chaque jeune d’identifier ses défauts et de les corriger.
Depuis longtemps. Luis veut devenir chaudronnier. Avec son bac pro de métallier-serrurier, il a les bases nécessaires et peut suivre une formation complémentaire au centre des métiers de l’industrie, sur le campus de Ker-Lann, à côté de Rennes. « Le 5 juillet, j’aurai mon diplôme », se réjouit-il. D’ici quelques jours, il aura aussi décroché son permis de conduire pour lequel la mission locale lui a trouvé une aide financière.
« À Pôle emploi, on me confirme qu’on aura du boulot à me proposer dès la fin de ma formation. » Luis est heureux de cette belle histoire. « D’autant que j’ai connu des moments de grands découragements. C’est le conseiller, à la mission locale, qui m’a aidé et m’a répété :
Vas-y, fonce ! »
II vit de son allocation « Garantie jeunes »et de l’Aide personnalisée au logement (APL) versée par la caisse d’allocations familiales, qui couvre une partie du loyer de sa chambre au foyer de jeunes travailleurs. « J’ai des amis au foyer, au centre de formation ou à l’église.La vie est belle mais je reste prudent. Je sais que le chômage est là.

«Luis se documente, lit les journaux. écoute les débats politiques à la télé
avec ses amis. II n’est pas naïf non plus. Il sait tien que les migrants ne sont pas bien vus par tout le monde : « Si des gens quittent le Mali, la Libye, Mayotte ou autres, c’est juste parce que c’est trop dur de vivre dans ces pays. En Angola, en 2015 et 2016, nous avons connu un terrible épisode de fièvre jaune, avec des milliers de morts en quelques jours. Personne n’a su gérer cette crise. » Les mauvaises conditions de santé, la désorganisation de l’éducation ou le manque de travail et d’argent sont les principales motivations des candidats à la migration.
« Rester dans son pays, c’est parfois mettre sa vie en danger. Partir sans papiers, c’est la galère assurée. Mais la France nous reconnait et nous accueille. Vous êtes des frères pour nous ! »

  • 16-06-17_OF2 FRANCE_MIE-l'Unicef dénonce la France

  • OUEST-FRANCE du 31/3/2016
    Démarrage poussif de l’accord sur les migrants.

  • LE PARISIEN du 06 mars 2016
    Des retenus mettent me feu à leur matelas.
    Lire aussi :
    Communiqué de presse de la CIMADE « La violence de l’enfermement doit cesser »

  • Ouest-France

    De notre correspondante en Suède A Malmö : Les petits réfugiés arrivent seuls et cabossés.
    Venant de Syrie ou d’Érythrée, beaucoup de mineurs arrivent ici, seuls. Parfois blessés par des éclats de grenades, souffrant de plaies infectées, de la gale ou de troubles psychologiques…

  • Ouest-France

    : Éditorial du 9 septembre 2015

  • L’Yonne Républicaine

    : La migration en question

  • Ouest-France

    : Rome, bouffée de colère contre les immigrés.

  • Ouest-France

    : Au CRA de Rennes, un parloir sauvage.

  • RCF-Savoie

    : 2013-10

  • Wissembourg

    : 2013-03

  • LA PROVENCE

    : 2013-02