POURQUOI LES CERCLES DE SILENCE ?

LE CRI DU SILENCE

                   Être enfermé dans un Centre de Rétention, même s’il est tout neuf, est ressenti comme une honte par les  étrangers qui s’y trouvent. C’est une prison cachant mal son caractère de prison.

             Aujourd’hui le nombre des personnes auxquelles on impose l’enfermement augmente. Cet enfermement systématique, vécu comme une incarcération, et les conditions d’expulsion des étrangers en situation illégale se présentent comme des pas successifs qui banalisent des atteintes importantes à la dignité humaine.La    situation est traumatisante pour les «retenus» et pour leurs familles et dans un très grand nombre de cas elle ne se justifie pas.

                     Il fallait aller au de-là des mots et des cris trop souvent utilisés dans des manifestations pour lesquelles la dignité d’exister est mise en jeu.

                     Le silence permet ainsi d’unir des personnes qui seraient facilement divisées par les paroles, les idéologies ou les croyances. Ceux qui ont participé à l’organisation de manifestations unitaires connaissent les difficultés rencontrées pour choisir le contenu d’un appel, les mots d’ordre, les slogans, les attitudes, les communiqués… Des personnes ou des groupes mal à l’aise avec les propositions avancées refusent alors de participer et vont jusqu’à quitter la manifestation.

                    Le choix d’un Cercle (figure géométrique ronde, sans angles) n’est pas non plus anodin. Quelque soit son statut social ou professionnel, personne n’y occupe une place prédominante. Chacun y trouve sa place, à égale distance du lanterneau central, symbolisant la liberté, la lumière. Cette lumière est là, notre espérance d’une véritable prise en compte du respect et de la dignité humaine.

                    Dans le Cercle de Silence au contraire, pas question d’argumenter ou de s’opposer à l’autre à cause de sa religion, de ses idées ou des sentiments éprouvés à son égard.  Nous insistons sur ce qui fait notre unité : nous avons la même humanité et nous nous rassemblons pour défendre cette même humanité violée chez certains étrangers sans-papiers. Cette même humanité se détériore également peu à peu chez les exécuteurs des lois, décisions et ordres gouvernementaux.

                   Par le silence nous sommes invités à ne pas être seulement émotifs devant les actions révoltantes. L’émotivité aide certainement à réagir contre des situations lamentables. Mais qui n’en a pas été témoins? Des personnes soutenues quelque temps par leurs émotions cessent la lutte et finissent par se replier sur elles-mêmes.

                  Un appel à la conscience de chaque personne offre plus de chances pour que dure une action dirigée vers le changement d’une situation tellement ancrée..

                  Le silence est un chemin très important-offert pour que chacun écoute l’appel de sa conscience et la replace dans une analyse fine des évènements. Chacun se trou ve alors confronté à une lumière intérieure. Au contraire, quand les bruits et les cascades d’information, le tumulte, prennent le dessus, l’écoute de sa conscience est parasitée … jusqu’à s’éteindre.

               Cette écoute n’est certes pas automatique. Des discernements psychologiques et spirituels la favorisent.. Ils permettent de faire taire les bruits intérieurs venus du «faux soi-même» et de donner accès au «vrai» qui,lui active la conscience.

                  Nous ne voulons pas que la richesse qui existe en chacun, disparaisse. Le Cercle de Silence est ainsi un temps de suspens,d’arrêt et d’écoute pour une prise de conscience.

(Réf. A.Richard)

 

NOTRE SILENCE EST CELUI DES SANS VOIX

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