CERCLE DE SILENCE DE DIJON

MIGRANTS : Un cercle de silence spécial pour la Journée des Droits de l’Homme

Ce mardi soir, près de 150 personnes se sont rassemblées place Notre-Dame à Dijon pour rendre hommage aux milliers de morts aux portes de l’Europe. Comme chaque mois, un cercle de silence a été établi pour «crier une indignation» et interpeller les pouvoirs publics.

Depuis 2007, des militants des droits de l’homme proposent les deuxièmes mardis du mois d’établir un cercle de silence place François-Rude à Dijon, de 18 à 19 heures. Ce mardi 10 décembre 2019 coïncidait avec la Journée internationale des Droits de l’Homme.

Des représentants d’associations, des chrétiens engagés et des militants sensibles à la problématique des migrants ont voulu organiser une célébration particulière. Un rassemblement qui avait lieu à l’appel de CCFD Terre Solidaire, la Cimade, la Délégation Catholique pour la Coopération et du Secours Catholique.

                 «Le silence pour crier notre indignation»

Devant l’église Notre-Dame, a été déroulé un grand tapis recensant les noms de 17.306 morts aux frontières de l’Union européenne. Des prises de parole ont évoqué des cas particuliers de personnes ayant fui leur pays et se retrouvant en situation difficile à Dijon. D’autres ont abordé l’importance du fait que les décideurs politiques prennent plus en compte la question des réfugiés en France en particulier et en Europe en général.

               Pour CCFD Terre Solidaire, Jean-Pierre Hedou a souligné que «nous avons la même humanité», une humanité qui «se détériore peu à peu chez les exécuteurs des lois». Il a rappelé le paradoxe du cercle de silence : «le silence, c’est pour nous exprimer, informer sur les sans-papiers, combattre les idées reçues à leur sujet et faire connaître les vrais motifs de leur exil, pour crier notre indignation devant les méthodes employées à leur égard». Le comédien dijonnais Philippe Journo a ensuite lu un texte de l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert, extrait du recueil de poésie En marche sur la terre.

               Par ailleurs, Amnesty International invitait à signer plusieurs pétitions de soutien à des militants des droits de l’homme emprisonnés de par le monde. Finalement, plutôt sous la forme d’un rectangle pour épouser les contours de la banderole, les nombreuses personnes présentes – près de 150 – se sont déployées et se sont recueillies en silence durant trente minutes.

Jean-Christophe Tardivon

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