Cercle de silence de PAU

CONTRE L’ENFERMEMENT DES MIGRANTS
DANS LES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
POUR LE RESPECT POUR TOUS, DES DROITS HUMAINS
EN SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANTS OU ROMS MENACES D’EXPULSION
POUR UNE TERRE PLUS FRATERNELLE
POUR L’ACCUEIL DE L’ÉTRANGER

 

Ils sont sans voix – nous nous taisons – Notre Silence doit être un cri
Un cri non violent – un cri d’indignation.
L’ÉTRANGER EST NOTRE FRÈRE EN HUMANITÉ

122ème CERCLE DE SILENCE DE PAU le 24 avril 2018

Réouverture du centre de rétention administrative d’Hendaye
dans un contexte de durcissement des politiques migratoires

Fermé depuis janvier 2017, le centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye va rouvrir pour enfermer et expulser des personnes étrangères à compter du 3 avril 2018. Cette réouverture s’inscrit dans la politique nationale du gouvernement qui est résolument orientée vers l’utilisation massive de l’enfermement à l’encontre des personnes étrangères que l’administration décide d’expulser du territoire. Le ministre de l’Intérieur a en effet annoncé sa volonté de passer de 1 800 à 2 200 places dans les lieux de rétention. La Cimade constate chaque jour de multiples violations des droits dans l’ensemble des centres de rétention qui conduisent à plus de 40 % de libérations prononcées par les juges administratifs et judiciaires, sanctionnant ainsi des enfermements ou des mesures d’éloignement du territoire abusives. A la lumière des pratiques constatées précédemment, La Cimade craint que les personnes enfermées dans ce centre de rétention situé en région transfrontalière ne fassent l’objet d’abus similaires, alors que pour la plupart, elles ne font que transiter par le territoire français où elles ne cherchent ni à séjourner, ni à s’établir. Cette réouverture survient alors que le gouvernement a déposé un projet de loi que l’Assemblée nationale examinera dès le 16 avril et qui prévoit de durcir encore cette politique coercitive. La durée maximale de rétention passerait de 45 jours à 90, voire 135 jours pour un grand nombre de personnes. Les délais dont disposent les demandeurs d’asile pour constituer leur dossier ou pour exercer un recours contre le rejet de leur demande seraient également réduits. Et les mesures de bannissement telles que les interdictions de retour sur le territoire français se multiplieraient. La Cimade interviendra à nouveau au sein du centre de rétention administrative d’Hendaye pour aider les personnes enfermées à exercer leurs droits, et pour témoigner de ce qu’elle pourra constater. Parallèlement, La Cimade appelle à un retrait de ce projet de loi.

PRÈS DE 300 ASSOCIATIONS ET COLLECTIFS INTERPELLENT LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET LE PREMIER MINISTRE. LE MRAP EST SIGNATAIRE.

Le ministre de l’Intérieur a fait connaître ses premières intentions en matière de politique migratoire, et nous déplorons qu’y manque l’engagement impératif de mettre un terme aux violences policières à l’encontre des migrants et réfugiés. De même, aucun mot n’a été prononcé pour annoncer la fin de l’intimidation à l’égard de citoyens ou associations, qui sur le terrain s’efforcent d’assurer accueil et solidarité à leur égard. Deux priorités qu’il faut d’urgence mettre en œuvre au regard des situations qui prévalent à Paris, de nouveau à Calais, à la frontière franco-italienne, mais aussi ailleurs en France.

Pourtant, la situation actuelle le démontre implacablement : la gestion répressive des migrations internationales et le non-respect du droit d’asile qui prévalent dans la plupart des pays d’Europe, et en France en particulier, sont un échec effroyable. Tout d’abord parce que les guerres, les violations des droits humains, l’aggravation des inégalités et les catastrophes climatiques jettent un nombre incompressible de personnes sur les routes de l’exil, et aucune police au monde ne pourra jamais empêcher des jeunes de chercher à se construire un avenir, ou des familles de vouloir protéger leurs enfants.

Ensuite parce que « tarir les flux d’arrivées », selon les mots mêmes du Ministre, relève de l’illusion et du mensonge, que nous payons au prix fort : des milliers de vies perdues chaque année en Méditerranée ou sur les autoroutes d’Europe, des centaines de millions d’euros gaspillés tous les ans, d’insupportables souffrances humaines, mais aussi des territoires sous tension, des bénévoles et des citoyens choqués et épuisés… De tels choix politiques fracturent nos territoires, dressent les hommes et femmes les uns contre les autres et nourrissent le rejet de l’autre et le repli sur soi.

Nous, membres d’associations nationales, collectifs de migrants ou citoyens réunis dans des initiatives locales de solidarité avec eux, composons une grande partie de la « société civile » organisée, qui tous les jours sillonne le terrain pour pallier les manquements, l’aveuglement et l’inhumanité des politiques publiques. Nous avons vu des dizaines de milliers de personnes, ces derniers mois, s’engager, dans leurs quartiers ou dans leurs villages, pour témoigner de l’humanité la plus élémentaire : offrir réconfort et dignité à des personnes accablées par des parcours de souffrance et de danger, voyant leurs droits fondamentaux tout simplement niés par les autorités de l’État.

Face à ce qui constitue un véritable « état d’urgence », nous appelons les responsables politiques et administratifs à poser les vraies questions : notre conception de la justice admet-elle que des militants de solidarité soient harcelés, et jugés comme délinquants, ou que des distributions alimentaires soient interdites par arrêté municipal ? Les droits fondamentaux que nous aspirons à voir respectés à travers le monde sont-ils compatibles avec la détention de milliers de personnes qui ont pour seul tort d’avoir cherché à survivre et bâtir un avenir meilleur.

MRAP

ACAT – ASSOCIATION FAMILLES LAÏQUES – BIENVENUE 64 – CCFD TERRE SOLIDAIRE – LA CIMADE ÉGLISE RÉFORMÉE – FRATERNITÉS FRANCISCAINES – MRAP – PASTORALE DES MIGRANTS – LA VIE NOUVELLE

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Cercle de silence de PAU mardi 26 décembre 2017

Ce mardi soir notre cercle a comporté 48 membres (pour une moyenne 25-30).
L’effectif habituel a été renforcé par des membres du collectif « des hommes avant tout » créé pour soutenir 17 migrants « dublinés » (le réglement européen de Dublin prévoit que c’est seulement le pays par lequel ils sont entrés en Europe, où ils ont laissé leurs empreintes qu’ ils doivent déposer leur demande d’asile): 14 Soudanais, 2 Afghans, 1 Nigérian. Ces migrants étaient dans un CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation ) à Gelos près de Pau que la Préfecture des P.A. veut fermer et, en conséquence, les transférer selon le programme PRAHDA(*) du minsitre de l’Intérieur, dans un ex hôtel Mercure de Pau où ils refusent de se rendre .

Un article de presse (La République des Pyrénées) rend compte des raisons de la « résistance » qui s’est organisée et donne un témoignage de parcours de ces migrants malheureusement représentatif de tous les autres.

Ci-dessous pour ceux qui veulent avoir plus de détails sur la situation et son évolution (on doit retrouver d’autres situations analogues à proximité d’autres cercles de silence) peuvent prendre connaissance de ce point fait par le collectif (représenté par Fabrice):mesures du ministre de l’Intérieur à l’origine de cette situation, rencontres/positions de la Préfecture des P.A., manifestations locales de soutien dont la signature de 43 élus des P.A…..

Pour le cercle de Pau Robert Boyer Gibaud et Pierre Bérujon

(*) Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile

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113 ème CERCLE DE SILENCE DE PAU

Mardi 25 juillet 2017 18 h à 19 h

La CIMADE et d’autres associations ont déposé une requête en référé-liberté devant le tribunal administratif de Nice. Elle demande la fermeture d’un lieu illégal. Il est utilisé par la police pour enfermer les personnes migrantes, avant de les refouler en Italie. Marine De Haas, responsables des questions européennes, explique pourquoi

Pourquoi la situation à la frontière franco-italienne vous alerte-t-elle ?
Depuis le 13 novembre 2015, les contrôles ont été rétablis à la frontière franco-italienne, en raison de l’état d’urgence, même si les passages étaient déjà filtrés depuis juin 2015. Mais ce sont surtout les migrants qui en font les frais : aux divers points de passage autorisés dans les gares et sur les routes, des personnes considérées « d’apparence migrante » sont systématiquement contrôlées, soit par les CRS, soit par la police aux frontières (PAF). Ces interpellations se sont notamment multipliées à la gare ferroviaire de Menton-Garavan. Les CRS refoulent vers l’Italie aussi bien des mineurs que des personnes majeures, soit en les remettant dans le train vers Vintimille en dehors de toute procédure, soit en demandant à l’Italie de les réadmettre immédiatement après leur avoir remis un document de non-admission. Ces réadmissions immédiates via le poste frontière de Menton Saint-Louis seraient au nombre de 100 à 150 par jour en moyenne. Il y a là une véritable entorse à la loi qui prévoit que les personnes non-admises sur le territoire français doivent bénéficier d’un certain nombre de droits, dont celui d’un délai d’un jour franc et de recevoir une information sur le droit d’asile avant toute reconduite de l’autre côté de la frontière.
Qu’est-ce qui justifie plus précisément cette action en justice ?
C’est en effet près du pont Saint-Louis que la situation n’est pas claire. Des témoignages encore récents révèlent que, dans les locaux de la PAF, des personnes sont retenues jusqu’à plusieurs heures ou même toute une nuit. C’est parfaitement illégal parce qu’il n’existe aucun texte permettant ce qui nous a été décrit par les policiers comme « une zone de rétention provisoire ». Cette zone d’attente, créée par le préfet des Alpes-Maritimes officieusement, constitue bel et bien un lieu de privation de liberté, puisque ces personnes retenues ne peuvent bénéficier des droits inhérents à leur situation.

C’est pourquoi La Cimade, en lien avec d’autres associations*, a décidé de déposer auprès du juge administratif une requête en référé-liberté. La loi prévoit qu’en cas de situation d’urgence (ce qui est bien le cas ici), le juge a 48 heures pour se prononcer sur ce référé.
À quoi attribuez-vous ces entorses à la loi ?
La police française ne peut refouler à la frontière ces personnes la nuit, soit parce qu’il n’y a plus de trains, soit parce que la police italienne ne réadmet pas entre 19 h et 7h. D’autres témoignages indiquent que des personnes sont également retenues au 1er étage de la gare de Menton-Garavan. Par ailleurs, des personnes migrantes arrivées par la vallée de La Roya, après avoir reçu une convocation officielle à Nice auprès de la préfecture pour déposer leur demande d’asile, ont été interpellées à Cannes, puis détenues à Menton avant d’être renvoyées en Italie. Ces entraves aux libertés ne sont pas nouvelles, mais elles se sont amplifiées. Il y a bel et bien une volonté de bloquer l’arrivée sur le territoire français du plus grand nombre de migrants venus par l’Italie et en majorité originaires du Soudan, de l’Érythrée, de l’Afghanistan et du Tchad. Nombre de ces personnes souhaitent demander l’asile en France, même si la plupart d’entre elles ont été forcées de donner leurs empreintes à l’arrivée en Italie et seront probablement placées en procédure « Dublin ». Cependant, leur droit de déposer une demande d’asile en France reste entier et les pratiques de refoulements vers l’Italie empêchent les personnes en exil de l’exercer effectivement.

Il nous paraît important que durant cette période estivale, juillet et Août, le Cercle de Silence soit maintenu, pour prouver notre détermination. Le migrant, lui, n’est pas en vacances.

ram.bg@orange.fr

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106ème CERCLE DE SILENCE de PAU

Place Clemenceau de 18 h à 19 h le 27 décembre 2016

Rejoignez-nous, même pour quelques instants

Contre l’enfermement des migrants dans des centres de rétention administrative.
Pour que soient respectés tous des droits humains,
en solidarité avec les migrants ou roms menacés d’expulsion.
Pour une terre plus fraternelle.

Propos recueillis auprès de : La Cimade, Le Secours Catholique, Le Secours Populaire, L’Ordre de Malte, France Terre d’Immigration. Lire

ram.bg@orange.fr