Cercle de silence de Tours 02

LE CERCLE DE SILENCE S’ÉLARGIT
1er aout 2018

Une centaine de personnes ont répondu à l’appel du Cercle de silence, hier soir. Preuve du soutien envers les migrants et les mineurs isolés.

Rarement le Cercle de silence aura rassemblé autant de monde qu’hier soir. Depuis plus de dix ans qu’il donne rendez-vous chaque mois, place Jeau-Jaurès, aux Tourangeaux soucieux du devenir des sans-papier et autres migrants, son représentant, Louis Barraud (de Chrétiens migrants) voit même les choses évoluer favorablement.

« A Chrétiens migrants, la moyenne d’âgé tournait autour de 75 ans, mais avec le collectif Résistance 37 (qui rassemble vingt-cinq autres associations, dont Utopia 56, Réseau éducation sans frontières, Emmaüs 100 pour 1, la Table de Jeanne-Marie, le Cimade et bien d’autres…) on descend tout de suite à 30 ans. »
Depuis que la question des mineurs isolés (mineurs non accompagnés, NDLR), prend de l’ampleur, que le Conseil constitutionnel a consacré le principe de fraternité, les « anciens » sont moins esseulés.

“ Ce sont eux qui sont hors la loi ”

« Il y a vraiment un courant qui apparaît partout », poursuit Louis Barraud. Dans la Creuse, le credo serait, indique-t-il : « On a caché des enfants juifs, maintenant on va cacher des enfants immigrés ! »
Lui se félicite des bénévoles mobilisés dans tout le département. Dans l’agglomération de Tours, certes, mais aussi à Chinon, Loches et Château-Renault. Pas moins de 3.000 en Indre-et-Loire. « Et c’est pareil dans les autres départements de France […] Partout où il y a un CAO (Centre d’accueil et d’orientation), il y a mobilisation […] Partout où le citoyen voit, il met en place la fraternité ! »

 » On a caché des enfants juifs, maintenant on va cacher des enfants immigrés ! »

Louis Barraud de Chrétiens migrants

« On a voulu faire de cette semaine une semaine d’action », renchérit Anne Grandet, du collectif de Saint-Pierre-des-Corps. Entre l’installation du Bercail (à Tours, du 6 avril au 24 mai derniers) et le campement dans le jardin du presbytère de l’Assomption avenue Lénine à Saint-Pierre (depuis le 26 juillet), le collectif Résistance 37 estime se substituer aux pouvoirs publics, préfectures comme conseil départemental.

« Ce sont eux qui sont hors la loi, pas nous, insiste une bénévole d’Utopia 56, partie prenante dans la mobilisation. Eux disent qu’ils ne peuvent rien faire ? Nous, on fait !Clairement, on cache les mineurs dans des familles. » Qui les logent, les nourrissent, les aident selon leurs moyens. Car une fois admis comme mineurs, «ils ne peuvent plus bénéficier des aides allouées aux adultes en terme de logement, de nourriture, de transport »…
Sauf exceptions, les personnes suivies par ces associations sont rarement expulsées, se réjouit Louis Barraud. Une bonne raison pour poursuivre la mobilisation.

Reportage publié par le journal La Nouvelle République d’Indre et Loire le 1/8/2018